Considérant que l’éducation et la formation joue un rôle fondamental dans la construction identitaire et sociale d’un individu, ce travail radiophonique propose une réflexion supplémentaire sur la lutte contre les discriminations et de promotion de la diversité dans le monde de l’éducation.
- L Ecole de la Republique (MP3 – 3.8 Mo)
Jusque dans les années 50, l’école devait encourager le sujet à s’émanciper en partageant une œuvre collective, celle de la République. Afin d’asseoir les valeurs républicaines on s’appuie sur une école obligatoire, publique et laïque et sur ses représentants, les instituteurs, hussards noirs de la République.
Cependant, l’école de la république était une école qui séparait en deux camps ; le primaire était davantage réservé aux classes populaires, tandis que le secondaire avec l’obtention du bac et l’entrée vers des études longues étaient plutôt réservés à la bourgeoisie. Cette école n’était donc pas démocratique puisqu’inégale.
L’école démocratique apparait après les années 1960. Tout le monde y a désormais accès. On promeut la méritocratie. Le nombre de bacheliers et d’étudiants en universités explose. Pourtant, c’est au moment où l’école devient « démocratique » qu’elle sera le plus critiquée.
L’école sensée rassembler, génère en réalité ses propres discriminations et stéréotypes.
Le manque de formation du personnel éducatif aux sujets des discriminations est pointé du doigt, la ghettoïsation de certains établissements, tout comme les représentations de la sexualité, des rapports homme/ femme ou de l’Histoire à travers les manuels et par les professionnels de l’éducation, ou encore l’étanchéité de certaines carrières ou écoles pour les populations issues de l’immigration ou du milieu ouvrier.
Depuis quelques années, l’éducation nationale s’interroge sur les discriminations et tente de se réformer.
Mais il est difficile pour cette institution, idéologiquement considérée comme le « sanctuaire des valeurs de la République » d’admettre qu’elle pourrait produire des discriminations... Parfois au nom de la République.
(texte de Guillaume Doutreleau / Sciences Po Toulouse)
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Dans le cadre d’interventions dans un lycée du centre de Toulouse, le lycée St Sernin, des élèves s’expriment sur les discriminations.
Il s’avère qu’il y a de fortes différences entre les lycées du centre et les lycées de banlieues en termes de brassage culturel des élèves et de niveau d’enseignement proposé.
Une élève explique qu’elle a eu du mal à faire passer son dossier pour accéder au lycée du centre ville. Selon ces élèves, les préjugés raciaux et concernant l’orientation sexuelle sont encore très présents. Les actions de sensibilisation apparaissent essentielles pour faire reculer les idées reçues.
- lyçée St Sernin 1 (MP3 – 18.2 Mo)
- lyçée St Sernin 2 (MP3 – 17.6 Mo)
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Eric Verdier, psychologue communautaire, développe surtout à partir d’exemples en milieu scolaire. Axé essentiellement sur les notions de « boucs émissaires », « dynamiques et gestion de groupes », il est un partisan de la responsabilisation des jeunes dans les démarches de prise en charge de souffrance des victimes. Il décrit à l’aide d’exemples précis 3 formes de discriminations : active (celles qui tombent sous le coup de la loi), passive (déni d’existence d’une différence) et celle de détournement (préjugés et stéréotypes).
Contexte : Au sein des institutions scolaires, la discrimination est multiple (raciale, sexuelle, sexiste). Les élèves sont les premiers à la combattre, à la subir ou à la faire subir. Ce sont des indicateurs très importants parce qu’ils se livrent plus facilement entre eux qu’aux professionnels scolaires. Il est donc primordial d’être à l’écoute des souffrance de certains élèves ou de phénomènes communautaires pour pouvoir désamorcer d’éventuelles crises.
- Eric Verdier (MP3 – 27.9 Mo)
Il a écrit plusieurs ouvrages qui traitent des discriminations (Laissez-moi tous mes parents , mais aussi Homosexualités et suicide et Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes en co-écriture, tous trois publiés chez H&O) ; il a une longue expérience de terrain acquise au fil des années, où il a travaillé avec de nombreux professionnels et bénévoles associatifs en contact avec des personnes vulnérables en terme de discriminations (populations issues de l’immigration, handicapées ou malades mentales, sourdes, séropositives, prostituées, toxicomanes, homo/bi/trans-sexuelles, parents exclus de leur relation à l’enfant, jeunes en insertion ou pris en charge par la PJJ,…). La particularité du profil de Eric Verdier réside notamment dans ses compétences de terrain et son expertise reconnue sur le plan national, à travailler sur l’ensemble des discriminations contemporaines (notamment en direction de ceux et celles qui n’osent pas dénoncer ce dont ils ou elles sont victimes : phénomènes dits de « bouc-émissaire ») mais aussi en direction des hommes et du masculin (autour de la « crise identitaire masculine » et de la paternité).
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Yazid Sabeg homme d’affaires français, dirigeant de la SSII CS Communication et Systèmes, et commissaire à la diversité et à l’égalité des chances depuis le 17 décembre 2008.
Il préconise d’organiser une “ascension” des filières technologiques vers les grandes écoles afin d’accroître les performances des grandes écoles, un renouvellement du contenu pédagogique des filières technologiques parce que trop de bacheliers S échouent à l’entrée aux grandes écoles d’ingénieurs et se retrouvent dans ces filières technologiques, créer une passerelle des universités vers l’enseignement supérieur pour une mixité sociale dans l’enseignement supérieur.
Le processus d’intégration des handicapés dans ces écoles avance lentement.
- Yazid Sabeg (MP3 – 20.9 Mo)
« La plus grande des injustices est de traiter également des choses qui sont inégales. »
Aristote
"Proclamer l’égalité des droits ne suffit plus à réaliser l’égalité des chances. Le dernier tiers du XXe siècle en a fait la démonstration. La mobilité socioprofessionnelle n’est pas plus grande aujourd’hui qu’elle ne l’était dans les années 50 et la capacité de l’école à permettre aux Français de bénéficier de l’ascenseur social, quelle que soit leur origine, a montré ses limites. Le discours officiel de l’égalité de tous devant la loi ne parvient plus à masquer les discriminations, notamment raciales, aujourd’hui reconnues et d’une ampleur insoupçonnée.« (cf :institut Montaigne » les oubliés des égalités des chances" )
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Julien Viteau est directeur de recherche au sein du cabinet Altidem.
Il travaille sur la prévention des discriminations dans les politiques publiques et les cabinets privés. Diagnostic sur l’académie de Rouen par exemple sur la rupture d’égalité de traitement avec les acteurs de l’éducation. Formations d’enseignants, inspecteurs, chefs d’établissements et mise en place d’outils pour aborder avec les élèves la question des discriminations. Pour lui, les élèves ne peuvent pas discriminer du moins d’un point de vue juridique. Il pense que le e-learning est intéressant mais ne remplace pas l’action de terrain. Il est dur de mettre en évidence les discriminations, qui signifient un échec de ce qu’est et représente l’école. D’après lui, il est également difficile de demander aux professionnels de l’éducation de participer à des dispositifs de d’action (discrimination) positive et d’être en même temps dans une logique d’égalité de traitement. Aborde avec les professionnels des questions de leur attitude par rapport à différents élèves et familles.
Les stéréotypes demeurent et favorisent la discrimination.
- Julien Viteau (MP3 – 21.4 Mo)
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Dominique Broc est une enseignante paraplégique qui a enseigné 10 ans en école primaire en fauteuil roulant avant de travailler actuellement au CNED. Les élèves peuvent faire des discriminations entre eux plutôt sur des niveaux scolaires mais ne sont pas trop portés sur l’apparence de leur professeur. Elle a manqué de soutien de la part de ses supérieurs vis-à-vis de son handicap et a même senti un soulagement de leur part lorsqu’elle a décidé de faire de l’enseignement depuis son domicile.
Pour elle, le sujet des discriminations n’est pas traité particulièrement ni dans la formation des enseignants ni dans le programme scolaire même si cela n’est pas tabou. Elle a fait une formation de documentaliste et elle s’est vue refuser un poste à cause de sa mobilité réduite.
- Domnique Broc (MP3 – 17.5 Mo)
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Clotaire Massengo est chargé d’étude à la direction de la promotion de l’égalité de la Halde. En charge du domaine de l’éducation, il est surtout ici question de la lutte contre les discriminations dans l’éducation nationale : discrimination à l’orientation, place des stéréotypes et discriminations dans les manuels scolaires, mais aussi sensibilisation à l’homophonie.
- Clotaire Massengo (MP3 – 21.7 Mo)
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Michel Ray Ancien professeur, est responsable au sein de l ’association SOS Homophobie et coréférent de la mission intervention en milieu scolaire.
L’école est l’une des clés essentielles de l’épanouissement. Elle apprend la vie en communauté et prépare les jeunes à affronter l’avenir. Malheureusement, ce postulat n’est pas valable pour la majorité des jeunes gais et lesbiennes qui fréquentent les établissements scolaires de Suisse. Les adolescents qui s’identifient comme gay, lesbienne ou bisexuel(le) manquent de points de repère et ont du mal à se construire une identité autour de leurs sentiments les plus intimes. A l’école, ils ne voient pas leur réalité reconnue, ni même évoquée, si ce n’est en des termes négatifs (insultes, railleries, plaisanteries, etc.). En n’éduquant pas la jeunesse sur ce thème, l’école n’aide pas les jeunes homosexuel-le-s à sortir de leur silence et laisse la porte ouverte à la violence verbale et parfois physique dont ils peuvent être les victimes.
- Michel Ray (MP3 – 19.4 Mo)
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Antoine Violleau est professeur des écoles depuis environ 10 ans et plus spécifiquement depuis 5 ans dans des classes qui accueillent des élèves en « situation de handicap ». Dans une « CLIS » (classe d’inclusion scolaire) on retrouve différents types d’ handicape. L’enseignement, à base de projets personnalisés, et les différents troubles des élèves impose donc un traitement différent en fonction de chaque cas, le maitre se trouve donc par défaut dans une situation discriminante et parfois à la limite du grand écart entre pédagogie théorique et expériences personnelles.
- Antoine Violeau (MP3 – 25.6 Mo)
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Claire institutrice, institurice de ZEP à Toulouse a accepté de nous livrer son opinion sur les discriminations en milieu scolaire. Selon elle, l’école en tant que garante d’idéaux de respect et de justice, porte la responsabilité des discriminations de tous ordres (physiques, éthniques, religieuses, sexuelles) subies par les élèves. Cependant, le manque de formation, de temps et d’outils pour sensibiliser les élèves à ce sujet est pointé du doigt. La lutte contre les discriminations est ainsi enseignée de manière assez improvisée : organisation de débat au sein de la classe quand un problème survient. L’accueil d’intervenants extérieurs comme des auteurs de littérature jeunesse ou encore de spécialistes de la discrimination a également cours. Dans son quotidien de ZEP, les élèves étant tous issus d’origines culturelles diverses, elle n’a pas été confronté à de problèmes de discriminations majeurs. Cependant elle est consciente que les discriminations peuvent surgir à l’intérieur comme à l’extérieur de l’école. Quoiqu’il en soit, selon l’institutrice, un travail sur les discriminations doit comprendre une concertation en amont avec les familles et l’institution..
- claire institutrice (MP3 – 20.2 Mo)
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L’association “Ose l’ISAE (Institut Supérieur de l’Aéronautique et de L’Espace)” ou l’égalité des chances pour les grandes écoles.
Les problèmes sociaux économiques ne doivent pas être un handicap pour ceux qui ont les capacités de réussir. Les tuteurs de cette association se rendent une fois par semaine dans les lycées pour apporter un soutien scolaire. Ils parlent des actions à l’ISAE et Supaero et font remarquer que pour un élève boursier, c’est plus dur de partir à l’étranger.
- Ose l’ISAE (MP3 – 21.3 Mo)
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Fabrice Dhume est sociologue chercheur à l’ISCRA (institut social coopération recherche appliqué). Il est question ici de discrimination, de racisme et d’éthnicité à l’école. Il effectue un travail production de connaissance mais est présent également sur le terrain en donnant son avis sur les politiques publiques.
Selon lui, la question des discriminations revient à s’interroger sur les normes utilisées par l’école pour s’autoréguler.
En réalité, l’école n’a pas de frontières strictes, c’est un lieu d’accueil et d’échanges permanents, loin de l’image du sanctuaire des valeurs de la République. Pour se réformer, l’école doit revenir sur la réalité des normes sensée la réguler et commencer à reconnaître qu’elle discrimine.
La question de l’instrumentalisation de l’école par des questions idéologiques est également abordée. Fabrice Dhume explique que l’école devient le moyen d’aborder les questions de communautarisme entre-autres et de réactiver des idéologies ou des politiques nationalistes.
- Fabrice Dhume Iscra (MP3 – 22.4 Mo)









